Ce qui est heureux dans l'amour, c'est que je puis aimer un autre parce que je suis moi tout en l'aimant lui – telle est l'une des illusions que l'on a coutume de former au sujet de l'amour. On fait de cette relation naissante une miraculeuse rencontre, une triple coïncidence entre ce que chacun est et l'unité qu'ils forment ensemble. L'amour est vu de manière statique alors qu'il crée un lien. On s'imagine un état quand il transforme l'être même. En somme, on en fait un terme alors qu'il est un commencement.
L'amour naît entre deux êtres en les faisant naître eux-mêmes. Chacun n'est-il pas soudain différent, indifférent à ce qui comptait avant, désirant de façon inconnue, impérieuse, délirante ? Ce n'est plus moi que je reconnais dans l'amour, mais une sorte d'étranger que j'ignorais. Aimer, cela dépossède de soi, cela met hors de soi.
On fait de l'amour un idéal, mais n'est-ce pas l'amour qui le fait naître ? On s'imagine l'amour lascif, paresseux, passif ; mais amoureux, on devient exigeant, idéaliste, tyrannique. L'amour, explique Platon, réveille l'image d'un Dieu, d'un lointain idéal devenant norme et modèle, s'imposant à soi et façonnant l'autre. On aime en poursuivant un idéal et en l'imposant à l'autre : l'amour est l'acte d'une transformation réciproque.
Il n'est pas le résultat inopiné d'une rencontre, mais le moteur d'une relation. Il n'est pas l'heureuse conséquence de ce que nous sommes, mais la cause mystérieuse de ce que nous devenons.
A son avis, il n'y a pas l'amour, mais LES amours.
Peut-on comparer l'amour maternel et l'amour-passion fusionnel qui ne dure, la plupart du temps, que l'espace d'un instant ?
Les premiers mots de ce billet passent de “l'amour” à “s'aimer”, suggérant une réciprocité. Mais cela va-t-il de soi ? Et cela est-il nécessaire ? L'amour est-il d'abord une relation entre deux personnes, ou d'abord un état d'une personne ?
L'amour crée un lien ? Un lien est-il possible entre deux individus ? Même dans l'amour, on reste toujours petit chacun pour soi. L'amour de Dieu en est un bon exemple. Si l'on doit différencier le plaisant de l'aimé, alors il me semble que l'amour doit être considéré du point de vue de l'individu. L'amour, bien souvent mêlé au désir, à la volonté, à des jugements esthétiques et moraux, est profondément ancré dans l'individu. Mais par l'amour, le sujet fait l'expérience d'un certain désintéressement. J'aime, je trouve plaisante et je désire unetelle. Mais le fait d'aimer, en lui-même, produit une exaltation, une vue contemplative de l'objet aimé. L'amour n'est pas une objectivation, l'amour n'est pas une négation de l'individu. L'amour permet tout juste l'expérience du désintéressement, l'expérience de l'arhat dans l'individu.
l'amour est un sentiment incontrolable car parfois on sait pas puorquoi on aime ce personne c'est quelque chose indifini
Pour être en accord avec le titre du blog, voici ce que disent certains philosophes de renommé sur l'amour (enfin, celui que vous mentionnez, c'est à dire entre 2 êtres, et non au sens large du terme):
- L'amour, c'est peut-être d'être égoïstes ensemble, c'est être toujours inquiet de l'autre et est à ceux qui y pensent.(Marcel Achard)
- Si l'amour n'était pas la plus noble des passions, on ne le donnerait pas pour excuse à toutes les autres. (Marcel Achard)
- En amour, la seule victoire, c'est la fuite. L'amour, c'est une sottise faite à deux (Napoléon Bonaparte)
- La raison d'aimer, c'est l'amour. Aimer, ce n'est pas se regarder l'un l'autre, c'est regarder ensemble dans la même direction. (Antoine de St Exupéry)
- L'amour tourmente et fait souffrir, l'amour n'est qu'un soleil trompeur, une drogue qui nous empêche de voir le réel. Nous croyons toujours aimer quelqu'un pour ce qu'il est, nous n'aimons en fait, à travers lui, que l'idée de l'amour (Kant et de Stendhal)
Mon avis étant proche de ceux-ci même si:
- L'amour, celui tel que défini aujourd'hui avec un grand A, c'est vouloir donner à l'un tout ce que l'on donne aux autres en parties.
- L'amour sous toutes ses formes tisse avec le temps des liens invisibles mais tenaces.
- L'amour n'est pas la solution à tous les maux de la terre...mais une partie de leur cause.
- L'amour c'est comme le père Noël, il n'existe que si l'on y croit.
“Love is not love which alters when it alteration finds”
-Shakespeare
L'amour n'est-il pas un désordre qui tient lieu d'ordre ? Et ne faut-il pas voir là non seulement une définition de l'amour mais plus profondément du monde en général ?
Comme disait Villon dans la Ballade de la grosse Margot :
“En ce bordel où tenons notre état”
Rimbaud, Une Saison en enfer.
“posséder la vérité dans une âme et dans un corps.”
C'est l'enfer !
amour :
le terme en français peut avoir des portées différentes,
amour de deux êtres humains,
amour d'un animal,
amour de la vie,
amour de Dieu,
amour charité,
...
Aristote déjà fait une synthèse sur ce sentiment (éthique à Nicomède)
Philie: amitié, utile, plaisante, ou profonde,
Eros: amour passion, mais en partie personnel, possessif
Charité: amour universel, don de soi
hum...l'amour, le moteur d'une relation ? je dirai plutôt que l'amour est un cheminement vers l'autre et vers soi, ce que l'on pourrait appeler abusivement un 'nous'.
Tout est confondu, trop souvent l'amour fait référence au couple, comme si ce modèle ancestral devait en déterminer les critères. Alors on confond amour et désir de possession, avoir son 'amour' sous la main, en présence, fonder une famille etc...(généralement).
Peu capables, sommes nous, à inventer, créer, des relations amoureuses différentes.
Pourtant nos pères savaient que l'amour n'a rien à voir avec le couple, et encore moins avec le mariage. Son temps est le printemps, quand la nuit se fait douce à l'abri des barbons endormis.
Il y a un temps pour tout. En contrepartie, le mariage de raison est supérieur au mariage d'amour.
Je citerai Perros :
En amour, tout s'annule au fur et à mesure. Tout est à refaire à chaque instant.

